La modification du PLU d’Olonne

La commune d’Olonne sur Mer a soumis à enquête publique une proposition de modification de son Plan Local d’Urbanisme.

Voici à ce propos, la déposition de l’APNO:

Monsieur le Commissaire enquêteur,

L’APNO est une association de protection de la nature et de l’environnement, qui compte 190 adhérents, essentiellement dans le canton des Sables, dont 61 à Olonne. Elle fait partie du réseau France Nature Environnement, via COORLIT85 fédération agréée.

Pour l’essentiel, cette modification du PLU concerne 3 ouvertures à l’urbanisation sur les secteurs de la Guérinière, de la Vannerie et du Pinay.

Peu de commentaires sur les deux premières qui s’inscrivent dans des processus décidés de longue date. Une remarque toutefois, à la Vannerie,  une haie  devrait être conservée dans son ensemble, intéressant comme refuge pour la faune si les conditions de conservation sont correctes mais insuffisant sur un plan d’ensemble pour la faune identifiée.

Par ailleurs, à la Vannerie toujours, à la page 113 de la notice de présentation, un projet d’aménagement d’une partie réservée au secteur santé  interpelle, car ressemblant beaucoup à un lotissement d’habitations. Une interprétation possible de ce découpage peut être la volonté d’accueillir des professions libérales du secteur santé. Si cette interprétation est avérée, elle signifie un appauvrissement des bourgs qui accueillent aujourd’hui ces professionnels, ce qui serait non conforme  au SCoT et contraire à l’intérêt général.

Pour la Guérinière, des précautions doivent être prises pour ne pas construire trop près de la zone N qui est située de part et d’autre  du ruisseau des Hespérides         .( Trame verte et bleue , circulation des espèces)

En ce qui concerne le Pinay, nous sommes en profond désaccord avec le projet municipal, et ce, pour plusieurs raisons :

  • Il s’agit d’un espace proche du rivage, au sens de la loi Littoral, où l’extension de l’urbanisation doit être limitée, justifiée et motivée. Si le SCoT impose une densification des bourgs, cela ne s’applique pas à ce type d’espaces. La conformité du projet avec le SCoT est donc loin d’être démontrée. L’attractivité de cette zone ne peut à elle seule le justifier.

 

  • En ce qui concerne l’impact sur l’environnement, la dominante nous parait être la proximité de la zone Natura 2000, c’est-à-dire une Zone de Protection Spéciale (ZPS), donc à enjeu environnemental majeur. ; une espèce d’intérêt communautaire, la Loutre d’Europe, a déjà été observée sur la rocade à hauteur du Pinay et il n’est pas exclu qu’elle ne fréquente pas occasionnellement le marais contigu à cette 4 voies. L’urbanisation de cette zone apportera forcément des nuisances sur le site Natura 2000. Le projet propose effectivement un espace de transition avec la parte aménagée. Cette zone naturelle de transition mériterait d’être agrandie et traitée plus complètement, et pas seulement comme compensation de la suppression de la zone humide du projet, ni comme zone de remplacement des peupleraies.

 

  • En ce qui concerne les risques naturels de submersion marine et / ou d’inondation terrestre, 60% de la surface du projet est concernée, eu égard aux outils cartographiques actuels. Mais le plan de prévention des risques littoraux (PPRL) prescrit en 2012, donnera prochainement des obligations plus précises et documentées,  en fonction des degrés de l’aléa de submersion ; il en sera de même du programme d’actions de prévention des inondations (PAPI) en cours d’élaboration également. Le principe retenu d’anticipation du PPRL nous semble injustifié, voire dangereux en ces périodes post-Xynthia.

 

En conclusion, et quelques jours après la clôture du procès Xynthia, il nous parait impensable de proposer de construire des habitations en zone inondable, et ici d’autant plus que l’inondation peut venir tant du côté fluvial que du côté maritime.

C’est au minimum prématuré ; il convient d’attendre le PPRL, qui, prochainement, dira la nouvelle règle du jeu.

Et on peut aller plus loin : comme les disponibilités de la commune en secteurs constructibles, ou constructibles à terme, sont élevées,  une partie au moins du projet pourrait être  réalisée ailleurs, ce qui permettrait  un reclassement en zone N des 2/3 du secteur.

 

 

 

Recevez, Monsieur le Commissaire Enquêteur, nos respectueuses salutations.

 

La présidente

Nicole Barot

 

 

 

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